La faiblesse des taux de défaut aide le high yield
2021-05-11 04:45:16.888 GMT

Par Xavier Diaz

(L’Agefi) — Le marché primaire high yield (HY) euro ne connaît pas de répit.
Après une nouvelle semaine soutenue, qui a vu l’italien Golden Goose, les
allemands TUI Cruises et Mahle ainsi que les français Rexel et Verallia venir
sur le marché, cette semaine cinq nouvelles opérations sont annoncées dont
Afflelou et Cerba Healthcare. Depuis le début de l’année, plus de 61 milliards
d’euros ont déjà été émis sur ce marché, selon JPMorgan. Les nouvelles
opérations (hors refinancements) atteignent 46 milliards d’euros (+86% de plus
que l’an dernier), relève Spread Research. Les stratégistes de JPMorgan ont
revu leurs prévisions d’émissions pour cette année pour le marché HY euro à
140 milliards (+20 milliards) dont 70 milliards nets (+30 milliards).

Le marché devrait rester soutenu à court terme, prédit Spread Research. Le
boum sur le marché est d’autant plus surprenant qu’historiquement le primaire
HY est moins actif à cette époque de l’année, relèvent les stratégistes de
JPMorgan. Le fait que les banques cherchent à refinancer sur le marché
certaines dettes HY actuellement dans leur bilan, à l’instar de celle de
l’acquisition de Golden Goose par Permira juste avant la crise, profitant de
la perspective d’une réouverture des économies, explique en partie cette
frénésie.

Mais il y a aussi la demande des investisseurs pour le rendement, soutenue par
des défauts anticipés très bas. Deutsche Bank, qui vient de revoir ses
prévisions pour cette année, anticipe 3% de défaillances sur le marché
américain et 2% en Europe. Et la prévision est encore plus faible si l’on
prend comme référence les spreads. Les taux de défaut tombent alors entre 0,5%
et 1%.

Ces niveaux extrêmement bas, malgré le choc de la pandémie sur l’économie,
devraient le rester, selon Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank. Hors
dégradation de la situation sanitaire, pour que les défaillances progressent,
il faudrait que les taux réels augmentent. Ils sont actuellement très négatifs
et les banques centrales feront tout pour les maintenir à ces niveaux. C’est
un environnement positif pour les détenteurs d’obligations mais pas pour
l’économie car l’accroissement du nombre d’entreprises zombies pèse sur la
productivité globale.

Par ailleurs, les spreads actuels ne rémunèrent pas suffisamment pour le
risque pris. Certaines émissions commencent à sous-performer sur le marché
secondaire, à l’instar de Lonza Specialty, malgré la révision de la
documentation d’émission à la demande des investisseurs, un signe nouveau de
saturation.