La clause anti-hedge funds ne fait pas recette dans le high yield

Par Xavier Diaz

(L’Agefi) — L’annulation de l’émission Picard a vite été digérée par le
marché high yield (HY) euro. «Il reste bien ouvert avec six nouvelles
opérations pour 3 milliards d’euros la semaine passée, un montant équivalent
aux 2,9 milliards émis la précédente», note Juan Valencia, stratégiste chez
Société Générale CIB. Cette forte activité reflète la recherche de rendement
des investisseurs et les conditions favorables auxquelles les entreprises
peuvent se financer. Les documentations sont de moins en moins favorables aux
créanciers. Cela a été le cas pour le placement obligataire de 430 millions
réalisé par Birkenstock à 5,25% de rendement.

«Les fondamentaux de crédit sont solides mais le prix d’émission ne reflète
guère l’agressivité des clauses de la documentation ni le niveau élevé du
levier financier net à l’émission, de 6,9 fois selon l’entreprise», soulignent
les analystes de Spread Research. Une disposition dénote car elle est encore
rare dans les contrats d’émission obligataire sur le marché euro. Il s’agit de
la clause obligeant les détenteurs d’obligations à déclarer si leur position
est net short, via des credit default swaps (CDS) notamment, lorsqu’un
événement de défaut se produit. Si tel est le cas, ils ne peuvent alors
prendre part aux décisions concernant le défaut.

Cette disposition cherche à éviter que des hedge funds, ayant constitué une
position short, réclament le défaut en cas d’événement qui pourrait le
déclencher, en raison d’une position gagnante via les CDS, au détriment des
autres obligataires. Cela s’est produit aux Etats-Unis dans le secteur des
télécoms avec le défaut de Windstream, où cette clause a commencé à se
développer. […]