Les émetteurs « high yield » se ruent sur le marché – Market Blog
2021-02-09 08:55:47.523 GMT
Par Xavier Diaz
PARIS (Agefi-Dow Jones)–Le bon début d’année du marché primaire crédit ne se
dément pas, en particulier sur le haut rendement, ou high yield (HY).
« Ce dernier a réalisé une bonne semaine avec trois transactions qui ont
totalisé 3,3 milliards d’euros », note Juan Valencia, stratégiste chez SG CIB,
qui juge ce montant largement au-dessus des moyennes enregistrées l’an
dernier. Telefonica, Lufthansa et Klöckner Pentaplast ont porté à 18,7
milliards le total émis cette année. En janvier, les entreprises de catégorie
spéculative en euro ont établi un record d’émissions de 15,5 milliards.

« Le marché primaire HY ressemble de plus en plus au marché primaire investment
grade (IG) pendant la période 2010-2015, lorsque certains investisseurs
achetaient systématiquement les nouvelles émissions car tout était en hausse »,
note Benjamin Sabahi, responsable de la recherche chez SpreadResearch.
« Nous avons non seulement un volume d’activité important mais aussi une
typologie d’émissions très variée », constate Benoit Soler, gérant chez Keren
Finance qui rappelle que 2022 et 2023 seront deux importants murs de maturités
incitant les émetteurs à venir se refinancer le plus tôt possible vu
l’incertitude économique.
« Il y a aussi des refinancements de M&A ou des opérations de réendettement des
structures lors de changements d’actionnaires de référence, ce qui a été le
cas pour Thom Group », poursuit le gérant. Les remboursements des prêts
garantis par l’Etat devraient également contribuer à nourrir le flux, à
l’instar de Lufthansa. Il peut aussi y avoir des émissions opportunistes telle
Cellnex.
Avec la forte demande, guidée par les taux bas dans l’IG, les émissions sont
toujours sursouscrites. Benoit Soler ne croit pas qu’il faille investir
systématiquement. Il reconnaît que dans de nombreux cas, les bilans sont
solides et la gestion du cash a été bien menée, ce qui permet d’assurer le
paiement des coupons. Mais il y a aussi des dossiers « compliqués à des niveaux
chers », comme Thom Group, TeamSystem ou Klöckner Pentaplast.
« Il y a un fort resserrement entre le prix proposé par les banques en charge
de la syndication en début d’opération et le pricing final, de l’ordre de 40 à
75 points de base (pb) », observe Benoit Soler. Et sur le marché secondaire,
les obligations progressent moins qu’auparavant : « il est rare d’avoir des
hausses de 3 points comme par le passé, mais plutôt de 1 point ». Un seul
émetteur a repoussé au dernier moment son émission obligataire ces dernières
semaines, Ericsson. Une projet de rapprochement pourrait en être la raison,
estiment des opérateurs de marché.