Les émissions de dette high yield vont rester soutenues
2021-01-12 
Par Xavier Diaz
(L’Agefi) — Le marché primaire obligataire corporate euro a débuté l’année
2021 quasiment sans transition après un millésime 2020 exceptionnel, avec plus
de 15 milliards d’euros émis au cours de la première semaine de transaction
(au 11 janvier). Mais si ce début d’année est pour le moins dynamique, il est
nettement en retrait par rapport à la même période l’an dernier, notent les
stratégistes de Société Générale CIB. Ce qui est en ligne avec les prévisions
d’un recul du volume des émissions attendu sur l’ensemble de l’année. Le plus
gros des opérations a été réalisé par des émetteurs investment grade (IG). Le
high yield (HY) n’est pas pour autant absent avec deux émissions pour 2,5
milliards d’euros, avec Adler et Telecom Italia (green bond inaugural). Le
marché primaire high yield est attendu aussi dynamique qu’en 2020,
contrairement à l’IG, après également une année record (103 milliards d’euros
émis en 2020, selon JPMorgan).

«Le volume des remboursements a été, l’an dernier, le plus bas depuis 2014
(45,3 milliards), soulignent les stratégistes de JPMorgan. Nous pensons qu’une
grande partie de ce refinancement différé interviendra en 2021». Pour les
stratégistes de SG CIB, le marché primaire HY euro devrait être proche de 100
milliards d’euros. «Le marché a été solide ces dernières années et nous
pensons qu’il continuera d’afficher des volumes importants à mesure que le
processus de désintermédiation se poursuit. Nous pensons en outre que les
volumes seront renforcés par les récents anges déchus, dont certains sont de
grands émetteurs qui continueront de tester les marchés financiers comme ils
l’ont toujours fait», affirment Juan Valencia et Guy Stear chez SG CIB.

Benjamin Sabahi, responsable de la recherche crédit chez Spread Research, qui
reconnaît son biais constructif, prévoit 126 milliards d’euros d’émissions
bruts (86 milliards nets). A l’instar de SG CIB, ce dernier anticipe une
accélération de la désintermédiation alors que les banques vont vouloir sortir
une partie du risque dans leur portefeuille de crédit (50 milliards
d’émissions). Il n’anticipe en revanche que 4 milliards de refinancement par
des fallen angels. Il estime à 30 milliards le montant d’obligations
remboursables par anticipation (callable) dont le prix est supérieur au prix
du call, une anticipation qu’il reconnaît être optimiste. Enfin, les
fusions-acquisitions et les LBO pourraient engendrer 27 milliards. L’année
devrait à nouveau être dynamique, à moins que la hausse des défauts ne soit un
grain de sable dans cette mécanique.