PSA et FCA s’affichent en meilleure forme avant leur union
2020-10-29 05:45:12.380 GMT
Par Yves-Marc Le Réour
(L’Agefi) — A défaut d’être transcendants, les chiffres trimestriels publiés
hier par PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) témoignent des efforts
entrepris par les deux groupes pour surmonter la crise sanitaire, quelques
mois avant leur fusion. Le groupe français a annoncé que sa division
automobile avait tiré parti de la solidité de sa gamme de produits et du
dynamisme des ventes de véhicules d’occasion. Si son chiffre d’affaires
consolidé s’est replié de 0,8% à 15,45 milliards d’euros en raison de la
contraction de 7,4% des revenus de l’équipementier automobile Faurecia, celui
de la seule division automobile a progressé de 1,2% à 11,96 milliards entre
juillet et septembre 2020.
PSA estime que le niveau de production du trimestre en cours sera légèrement
supérieur à celui du quatrième trimestre 2019. Les stocks de véhicules neufs
devraient également progresser ce trimestre après leur point bas de 428.000
unités atteint fin septembre 2020 (-26% sur un an). Il mise enfin sur un flux
de trésorerie libre positif pour l’ensemble de l’année. Après la publication
de ces indicateurs meilleurs que prévu, «nous avons relevé notre prévision de
chiffre d’affaires pour PSA, en tablant désormais sur un recul d’environ 18%
sur l’ensemble de l’exercice 2020, à comparer à une contraction de 25%
anticipée auparavant», pronostiquent les analystes crédit de Spread Research.

FCA a de son côté agréablement surpris les analystes en publiant un bénéfice
net de 1,21 milliard d’euros au troisième trimestre 2020, contre une perte
nette de 179 millions enregistrée un an plus tôt. Son résultat d’exploitation
ajusté a progressé de 16,3% à 2,28 milliards, avec un chiffre d’affaires en
recul de 6% à 25,81 milliards en rythme annuel, après un plongeon de 56% au
deuxième trimestre. Son cash-flow libre industriel a atteint 6,7 milliards,
alors qu’il avait brûlé 4,9 milliards de trésorerie en avril et juin. «Nos
résultats record ont été tirés par les performances extraordinaires de nos
équipes en Amérique du Nord», a commenté l’administrateur délégué, Mike
Manley.  

Pour l’ensemble de 2020, le groupe automobile table sur un résultat
d’exploitation ajusté compris entre 3 milliards et 3,5 milliards d’euros, un
niveau deux fois plus élevé que le consensus, ainsi que des flux industriels
de trésorerie compris entre 0 et -1 milliard, sous réserve que la pandémie
«n’entraîne pas de nouvelles perturbations importantes de la production
automobile».

Alors que PSA travaille encore sur son projet de fusion avec son homologue
italo-américain, la finalisation de l’opération est toujours attendue d’ici à
la fin du premier trimestre 2021. A cet égard, les deux groupes ont une
nouvelle fois amendé les termes de leur accord initial, en autorisant PSA à
céder jusqu’à environ 7% du capital de Faurecia avant la conclusion de ce
rapprochement qui donnera naissance à Stellantis. Le constructeur français,
qui détient à l’heure actuelle 46% de l’équipementier automobile, a lancé hier
soir cette opération par le biais d’un placement privé (lire aussi en rubrique
Essentiel). Ceci devrait faciliter l’obtention des approbations réglementaires
nécessaires à la fusion entre les deux constructeurs.

Cette cession de titres vise en effet à garantir que Stellantis ne prenne pas
le contrôle de Faurecia et qu’il ne soit pas contraint de lancer une OPA sur
les minoritaires de l’équipementier, ce qui aurait vraisemblablement suscité
l’inquiétude de Bruxelles. «A partir du moment où l’Union européenne aura
donné son aval final, rien ne pourra faire dérailler le processus de fusion»
entre nos deux groupes, a estimé lors d’une conférence téléphonique Philippe
de Rovira, directeur financier de PSA.