Les émetteurs high yield se pressent sur le marché primaire
2020-07-07 04:45:17.188 GMT
Par Xavier Diaz
(L’Agefi) — Le marché primaire corporate euro ne connaît pas de pause. Quand
l’activité sur l’investment grade (IG) faiblit, le segment high yield (HY)
prend le relais. Plus de la moitié des émissions de la dernière semaine l’ont
été par des émetteurs classés junk pour près de 9 milliards d’euros. «Il n’y a
pas de relâche pour les marchés primaires, souligne Juan Valencia, stratégiste
crédit chez Société Générale CIB. Le mouvement de balancier entre marché ‘risk
on’ et marché ‘risk off’ peut rendre nerveux mais n’empêche pas les émetteurs
de tester les marchés de capitaux et les investisseurs d’acheter. Le rythme
des émissions a encore accéléré avec une forte activité.»
Le segment HY a même réalisé sa meilleure semaine cette année. AMS a
finalement réussi son placement obligataire tandis que ThyssenKrupp Elevator,
l’un des plus gros LBO, a placé 4,05 milliards d’euros d’obligations. «Ces
émissions proviennent d’un mélange de financement de LBO (ThyssenKrupp
Elevator et Renk), de M&A (AMS) et de banques réduisant leurs expositions avec
les refinancements obligataires de Fiat Chrysler, Leonardo, Inwit et Algeco»,
notent les analystes de Spread Research. Le marché primaire HY double les
montants émis depuis le début de l’année, à 57,3 milliards d’euros, par
rapport à la même période en 2019. «C’est en ligne avec la frénésie sur le
marché primaire IG afin de sécuriser le plus de liquidité possible en
anticipation du déclin économique, constate Benjamin Sabahi, responsable de la
recherche crédit chez Spread Research. Et contrairement aux anticipations au
paroxysme de la correction, la pire et la plus importante contraction de PIB
de l’histoire va montrer un record d’émissions sur le marché primaire.»
Cette évolution, logique du point de vue des émetteurs cherchant à sécuriser
un maximum de liquidités (marchés, banques, prêtes garantis) au cas où la
situation empirerait et que le marché se fermerait à nouveau, contraste
néanmoins avec les prévisions d’une forte hausse des taux de défauts. Du côté
des investisseurs, la sécurité est du côté des banques centrales.
Le segment IG n’a toutefois pas été inactif avec notamment une émission jumbo
de 6 milliards d’euros en quatre tranches de Bayer. Depuis le début de
l’année, près de 300 milliards ont été émis sur ce marché. SG CIB en prévoit
420  milliards sur l’année (362 milliards en 2019).