Le marché high yield n’intègre pas le risque du coronavirus
2020-02-18 

Par Xavier Diaz

(L’Agefi) — Le marché crédit euro se montre, pour l’heure, totalement immune
à la crise du coronavirus. «La tonalité est restée positive tout au long de la
semaine passée, même si d’autres marchés ont évolué sur des montagnes russes
au gré des nouvelles de l’épidémie de coronavirus qui faisaient les grands
titres», note Juan Valencia, stratégiste crédit chez Société Générale CIB. La
durée de l’épidémie et les conséquences macroéconomiques sont encore
difficiles à évaluer. «Pour l’instant, le crédit se porte bien, en particulier
l’indice euro investment grade, qui résiste le mieux et est devenu une sorte
de valeur refuge», poursuit le stratégiste.

Signe de la bonne résistance de ce marché, le marché primaire n’a pas marqué
de pause. «Les marchés primaires sont restés ouverts avec plus de 15 milliards
d’euros d’émissions, indique Juan Valencia. À ce rythme, nous allons avoir un
record d’opérations en février. Et cela ne suffit apparemment pas à satisfaire
la demande.»

Impact sur l’électronique et l’automobile

Malgré cet afflux de papier les spreads sont restés stables sur l’investment
grade autour de 100 points de base (pb) tandis que le high yield a rattrapé le
terrain perdu au début de la crise du coronavirus avec un spread revenu à 332
pb, même si les secteurs les plus affectés restent en retrait. «Les secteurs
cycliques ont commencé à perdre du terrain mais seulement de façon modérée, à
l’exception du transport dont le ‘spread’ s’est écarté de 140 pb depuis le 17
janvier», note Benjamin Sabahi, responsable de la recherche crédit chez Spread
Research. Les écartements de spreads dans d’autres secteurs comme la chimie
(+24 pb), l’énergie (+26 pb) et les métaux et mines (+54 pb) ont été plus
modérés. «Le risque lié au coronavirus n’est pas pris en compte par le marché
high yield euro», estime l’analyste de Spread Research. Des ruptures
d’approvisionnements dans les usines ou les transports auront un impact sur
les secteurs les plus globalisés comme l’électronique ou l’automobile, dont
une grande partie de l’activité est basée en Chine. Tandis que la faiblesse de
la croissance affectera les secteurs des transports, de la chimie et du
tourisme. «Des entreprises comme Sappi (15-20%), Oriflame (19%), Rémy
Cointreau (15-25%) et dans le secteur automobile Adient, Faurecia (15%),
Garrett Motion (15%) Jaguar Land Rover (17%) et Valeo (13%) ont des
expositions significatives à la Chine», indique Benjamin Sabahi.